LES CHEVONS

1914 - 1918

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Fiche consacrée aux chevrons  préparée par : Joël H.

De nombreuses photographies d'époque montrent des soldats français qui portent sur les manches des insignes en forme de " V " renversés. Ces ''chevrons'' indiquent la durée de  présence au front ainsi que le nombre des blessures de guerre. 

Les chevrons de présence cousus sur le bras gauche : le premier chevron indique une année effective de présence dans la zone des armées, et chaque chevron supplémentaire une période de six mois de plus ( y compris le temps passé dans les hôpitaux de l'intérieur pour blessure de guerre, blessure en service commandé ou maladie ayant nécessité l'évacuation de la zone des armées)

Les chevrons de blessures cousus sur le bras droit : Il est accordé un chevron par blessure de guerre, c'est-à-dire qui résulte d'une ou plusieurs lésions occasionnées par une même action extérieure au cours d'évènements de guerre en présence ou du fait de l'ennemi, à l'exclusion des blessures en service commandé.

Sommaire 

1ère partie : circulaires et instructions officielles relatives aux chevrons de présence & de blessures

 

  

Ière PARTIE

 

circulaires et instructions officielles relatives 

aux chevrons de présence & de blessures

 

Bulletin Officiel du ministère de la Guerre édition méthodique volume N°303 :" décorations et récompenses diverses "  (circulaire avec mises à jour du 28 octobre 1918) 

Circulaire relative aux insignes de distinction : fourragère et chevrons 

 

 

II — Chevrons

Il est, d'autre part, créé, pour les officiers et hommes de troupe de toutes armes et services ayant un temps déterminé de présence aux armées ou ayant reçu des blessures de guerre, des insignes constitués par des chevrons en forme de V renversé, de la couleur du galon (sauf sur les vêtements de combat, où ils sont, quel que soit le grade, de la couleur des galons de caporaux et soldats de lre classe), dans les conditions ci après :

A.  — Chevrons  de  présence

1e) Il est accordé un chevron, porté au bras gauche, pour une année effective de présence dans la zone des armées, et un chevron supplémentaire pour chaque nouvelle période de six mois.

2e) Ont droit aux chevrons tous les officiers ou assimilés et hommes de troupe en service dans la zone des armées, qu'ils soient ou non à la disposition du général commandant en chef.

3e) La première limite de la zone des armées admise pour la détermination du droit au chevron est celle qui avait été fixée par l'arrêté du 13 février 1915.

4e) Il y a lieu de compter, pour l'attribution des chevrons de présence, le temps passé :

a) Dans les hôpitaux de l'intérieur pour blessure de guerre, blessure en service commandé ou maladie ayant nécessité  l'évacuation de la zone des armées. (La convalescence et l'inaptitude ne  doivent pas être  comptées);

b) En activité pour tous les militaires évadés ou rapatriés. (Le temps d'internement en Suisse ne compte pas);

c) Au Maroc, dans le Sud algérien (territoire des Oasis tout entier et fractions de territoire d'Aïn-Sefra limitées au nord par la ligne déterminée par la note du  4 septembre 1897 (B. 0., E. m., vol. 63, p. 402) et fraction de l'annexe d'El-Oued limitée au nord par la ligne Hassi-Ney-Berreçof, Bir-Bomane) et dans le Sud tunisien (région saharienne limitée par la ligne déterminée par la note du 4 septembre 1897. plus les cercles, annexes et postes de Médine, Tatahouine, Déhibiat, Ben-Gardanne et Zarzis) depuis le 2 août 1914;

d) En Afrique occidentale française, aux bataillons n° 2  (Tombouctou), n° 3 (Zinder), et en Mauritanie (à l'exception de Saint-Louis), depuis le 2  août 1914.

Aux opérations :

Dans le Togo, du 7 août au 27 août 1914;

Dans le Beledougou, du 23 février au 10 avril 1915;

Dans La Bani-Volta du 14 février au 19 juillet 1915, et du.24 avril  au 25 mai  1916;

Dans la région de Dori, du 3 janvier au 20 août 1916;

Dans le territoire du Niger (colonne Loyer) du 9 avril au 2  juin  1916;

Dans le Hollidge et l'Atacora, du 18 janvier 1915 au 8 mai 1916 et du 4 novembre 1916 au 18 juillet 1917;

Dans le territoire du Niger (colonne Mourin), du 7 décembre 1916 au 1er août 1917;

En Afrique équatoriale française et au Cameroun (à l'excep­tion de Brazzaville), depuis le 2 août 1914;

En Indochine dans le 4e territoire militaire (défini par l'arrêté de création n° 174 du 21 janvier 1915 du gouverneur général), depuis le 2 août 1914; dans le 5e territoire militaire (défini par l'arrêté de création n° 891, du 27 mars 1916 du gouverneur général), depuis le 2 août 1914.

Aux opérations :

Dans la province de Son-La (colonne Sourisseau), du 6 dé­cembre 1914 au 25 avril 1915;

Dans le Haut-Laos (colonne Friquegnon), du 2 septembre 1915 au 29 mars 1916;

Contre les révoltés de Thaï-Nguyen du 31 août 1917 au 20 jan­vier  1918;

e) En Russie, tous les militaires qui y ont servi depuis mars 1917.

5e) Les  séjours interrompus dans la zone des armées s'additionnent pour le décompte du temps de service exigé.

B. — Chevrons de blessures.

1° Il est accordé un chevron porté au bras droit par blessure de guerre, c'est-à-dire celle qui résulte d'une ou plusieurs lésions occasionnées par une même action extérieure au cours d'événements de guerre en présence et du fait de l'ennemi, à l'exclusion des blessures en service commandé;

2° Les blessures de guerre reçues antérieurement à la guerre actuelle et régulièrement inscrites sur le livret matricule donnent droit au port du chevron;

3° Les brûlures par liquides enflammés et les accidents graves dus aux gaz asphyxiants sont considérés comme blessures de guerre pour le droit au chevron;

4° Les blessures multiples produites simultanément par un même projectile, quel que soit le nombre des atteintes, ne donnent droit qu'à un seul chevron.

C. — Port des chevrons.

Le port des chevrons de présence et de blessures est obligatoire.

D. — Dispositions spéciales aux troupes  

de la gendarmerie  et de la garde  républicaine (1)

Pour les troupes de la gendarmerie, les chevrons sont : pour les gendarmes ne portant pas le galon de sous-officier, en laine ou coton de nuance blanche; pour les autres gendarmes, les chefs de brigade et officiers, en argent.

Pour les troupes de la garde républicaine, les chevrons sont : pour les gardes républicains ne portant pas le galon de sous-officier, en laine ou coton de nuance orange foncé; pour le personnel troupe autre que ces derniers et pour les officiers, en or.

 

(1)   Alinéa   ajouté  par   circulaire   du   28  octobre   1918.

 

Cette photographie prise le 14 octobre 1916 dans la région de Verdun montre un poilu du 24e R.I. qui porte sur le bras gauche 3 chevrons de présence qui indiquent qu'il a déjà passé deux années dans la zone des armées. 

 

 

1920

 

Bulletin Officiel du ministère de la Guerre édition méthodique volume N°303 " décorations et récompenses diverses " 

Instruction relative au port des chevrons et au temps de

 présence au front

                        

                                                                                                                Paris, le 30 juillet 1920.

Les questions suivantes ont été posées :

1° A quelle date doit être fixée la limite des services donnant droit au port du chevron de présence?

2° Comment doit-on entendre l'expression « temps de présence au front » (le temps de présence au front est demandé sur les mémoires de proposition pour l'avancement ou les décorations)?

Le temps de présence au front est-il le temps de présence dans !a zone des armées, ou bien le temps de présence dans une unité combattante figurant au tableau 1 annexé à la C. M. du 2 novembre 1919 (B. 0., p. 3293)?

D'autre part, les durées du temps de présence dans la zone des armées, du temps de présence au front et du temps de présence dans une unité combattante pouvant être intéressantes à divers points (avancement, décorations, et, le cas échéant, pen­sions), n'y aurait-il pas lieu d'en prescrire l'inscription sur les pièces matricules?

Ces questions doivent être résolues de la manière suivante :

1° La date à laquelle doit être fixée la limite des services donnant droit au port du chevron de présence est celle du 11novembre 1918, jour de la signature de l'armistice.

2° La mention « temps de présence au front » figure sur les mémoires de propositions du modèle en usage  pour le travail de Légion d'honneur et de médaille militaire.

Par temps de présence au front, il y a lieu d'entendre le temps de présence dans la zone des armées.

Cette question est complètement distincte du temps de présence exigé par la circulaire du 2 novembre 1919 relativement au droit à la médaille de la victoire.

Enfin, il n'y a pas lieu de prescrire l'inscription sur les pièces matricules des durées de temps de présence dans la zone des armées, dans une unité combattante, ces durées pouvant être facilement calculées d'après les mentions des situations successives figurant sur les pièces matricules des intéressés.

 

 

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